

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous orienter vers les sciences ?
Mon orientation vers les sciences s’est faite très naturellement. À l’école, je me sentais particulièrement à l’aise dans les matières scientifiques, beaucoup moins dans les autres. J’ai rapidement été attirée par les disciplines techniques, car elles me permettaient de donner du sens aux notions abordées en mathématiques et en sciences physiques.
Avez-vous une scientifique qui vous inspire ou qui vous a donné envie de suivre une voie scientifique ?
Je n’avais pas vraiment de modèle féminin : on voyait très peu de femmes ingénieures ou chercheuses, surtout en génie mécanique. Mais dans ma famille, mes choix n’ont jamais été remis en question, ce qui fait que j’ai pris conscience assez tard de la singularité de mon parcours en tant que femme.
Si vous deviez expliquer votre métier en une phrase que diriez-vous ? (le poste, les recherches…)
Une partie de mon travail consiste à définir et conduire des activités de recherche pour optimiser la mise en œuvre de procédés avec des machines ou des robots. L’autre partie m’amène à enseigner les concepts de la mécanique et de la fabrication aux élèves de SIGMA.
Selon vous, quels sont encore les principaux freins pour les femmes dans les études scientifiques ?
Les principaux freins sont déjà bien documenté (plafond de verre, biais de genre, autocensure…). Pour ma part, j’ai le sentiment qu’à l’heure actuelle les biais de genre restent particulièrement déterminant, car il touche aux réflexes inconscients profondément ancrés en nous par notre éducation et notre environnement social.
Pourquoi est-il important de rendre les femmes plus visibles dans les sciences aujourd’hui ?
La visibilité des femmes en sciences est essentielle pour permettre à la société de questionner les biais de genre et pour que les jeunes générations puissent se sentir libres de choisir la voie qui les inspire, sans se laisser limiter par des stéréotypes.
Quel conseil donneriez-vous à une jeune fille qui hésite à se lancer dans les sciences ?
Qu’elle prenne le temps d’identifier ce qui l’attire dans les sciences et qu’elle fasse confiance à ses capacités. La présence de femmes en sciences est essentielle pour que la recherche intègre pleinement les préoccupations et les besoins de toute la société, hommes comme femmes.
Quelle qualité est selon vous essentielle pour réussir dans un parcours scientifique (et pourquoi) ?
Il faut savoir faire preuve d’humilité et d’écoute pour remettre en question ses convictions, mais aussi avoir suffisamment confiance en soi pour aller au bout de ses idées.
Si vous pouviez casser un cliché sur les femmes en sciences, lequel serait-ce ?
Un cliché qui peut freiner les femmes à s’orienter vers la mécanique est l’idée qu’elles seraient moins légitimes dans les environnements industriels. On associe encore trop souvent ces métiers à une forte exigence physique. Or ce n’est plus le cas : la prise en compte du bien‑être au travail et l’évolution des technologies ont conduit à développer de nombreuses assistances. Par ailleurs, une grande partie des activités industrielles repose sur la conception, la simulation et le développement réalisés en bureau d’études et des méthodes.
Quel message aimeriez-vous faire passer à l’occasion de la Journée des femmes et des filles en sciences ?
La société a besoin de femmes en sciences. Si ce domaine vous attire, lancez‑vous et laissez les discours stéréotypés de côté. Votre place est légitime, et vos idées comptent.